Suprématie, par Laurent McAllister
Je me suis procuré ma copie de « Suprématie » de Laurent McAllister
lors de ma visite à la convention mondiale de science fiction l’année
dernière à Montréal. Le livre ayant été publié en France (malgré
que Yves Meynard & Jean-Louis Trudel, les deux auteurs derrière
Laurent McAllister, soient tous deux Canadiens) je n’étais pas parvenu
à le dénicher en librairie à Gatineau. Ce n’est pas un petit livre,
et ce n’est pas un livre à 2$ non plus. Par contre, si vous aimez la
science-fiction et le « space opéra », « Suprématie » est un
investissement sûr.
« Suprématie » est l’histoire de Alcaino, capitaine du Harfang, une
nef de guerre aux dimensions extravagantes. Une nef de guerre comme on
n’en fait plus depuis des siècles, parce que pour contrôler une nef
de cette taille, il faut l’assistance d’une intelligence artificielle,
et que les gens de l’Amas ne font plus confiance aux intelligences
artificielles. Mnémosyme, l’IA en question, devient un personnage
important du roman de Laurent McAllister. On suit d’ailleurs plusieurs
personnages du Harfang tout au long de l’histoire, et c’est là que ça
se complique pour moi, qui a de la difficulté à suivre autant de
trames. Les personnages sont la plupart bien distincts, avec leurs
caractéristiques bien à eux, leur personnalité, etc. mais ça ne m’a
pas empêché d’en confondre deux ou trois. Le personnage d’Alcaino m’a
rappelé celui d’Albator, de par son grade, son attitude rebelle, et le
fait que son vaisseau est contrôlé par une intelligence artificielle.
L’équipage du Harfang, après avoir porté secours à un peuple
indépendant de l’Amas qui résiste aux « Suprémates, » décide de
frapper l’ennemi au cœur et de s’en prendre à leur monde central dans
une attaque-suicide improbable. Mais la préparation d’une telle
bataille ne se fait pas en criant ciseaux, surtout pas lorsque votre
tête est mise à prix. Alciano devra user d’ingéniosité pour
recruter les bons alliés et se procurer les technologies nécessaires
à mettre son plan à exécution.
Le texte de Laurent McAllister est du solide. Si vous cherchez une
lecture facile pour vous reposer les neurones, prenez un autre livre.
« Suprématie » a une prose très dense (et pas au sens péjoratif du
terme, tel qu’employé parfois par nos amis anglophones.) Chaque phrase
est là pour une raison, transmet de l’information pertinente et ajoute
de la texture au monde qu’ont construit Jean-Louis Trudel et Yves
Meynard. On savoure donc chaque paragraphe, chaque page, et on en a
pour son argent étant donné que « Suprématie » n’est pas un petit
roman. Plutôt que d’opter pour la solution possible et emprunter un
jargon anglophone pour tous ces termes auxquels les amateurs de space-
opéra sont habitués, Jean-Louis Trudel et Yves Meynard ont décidé
de baser tout le vocabulaire historique de leur monde sur l’allemand.
On parle donc de Völkerwanderung plutôt que d’exode, etc. Un souffle
d’air neuf, à mon avis.
L’intrigue est bien ficelée, même si quelques éléments semblent
surgir au moment opportun à une ou deux reprises. Le rythme est bien
balancé et l’intérêt constant.
Alors, en rétrospective, « Suprématie » vaut chacun des sous que
vous dépenserez pour acquérir le volume. Définitivement classé dans
la catégorie « à acheter » si bien sûr le space opéra vous
intéresse.



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