Des livres électroniques au Québec
J’étais à mi-chemin dans l’écriture d’un billet sur l’état lamentable de
l’édition électronique au Québec lorsque Jean Pettigrew m’a annoncé mercredi
dernier qu’Archambault venait de me
damer le pion en lançant son site de livres électroniques : http://www.jelis.ca/ J’ai jeté mon billet à la
corbeille! Non seulement Archambault vend maintenant des livres électroniques,
mais il le fait de manière remarquable sans répéter les erreurs faites par
d’autres dans le passé.
Tout d’abord, des éditeurs comme Alire
ont compris le principe du livre électronique en vendant ses romans moins cher
que les livres en papier. Dans le cas d’Alire, vous paierez environ la moitié du
prix régulier pour l’édition électronique. Lorsqu’on sait que les frais reliés à
la publication d’un livre électronique sont beaucoup moindres (pas de frais
d’imprimeur, de transport, d’entreposage, etc.), il est frustrant de voir un
livre électronique affiché au même titre que l’édition papier.
Quelques partenaires d’Archambault (comme Alire) ont mis de côté les gestionnaires de droits numériques qui
embêtent tant les utilisateurs. Grâce aux différents choix de format numérique
standard, vous pouvez lire vos livres sur pratiquement n’importes quels
ordinateur ou appareil portable. Pas de risques non plus que votre livre refuse
de s’ouvrir dans quelques années si le site change de propriétaire, s’il ferme,
si vous changez d’appareils ou si vous réinstallez le système d’exploitation de
votre ordinateur. On n’assistera pas à une réédition de l’épisode de 1984
du Kindle aux États-Unis. De plus, si votre conjoint veut lire un livre que vous
avez acheté, vous pouvez télécharger le fichier sur son appareil (et à vos amis
aussi, dans la limite de votre bonne conscience.)
Mais tout ça serait un peu moins intéressant si l’inauguration du catalogue
de livres électroniques d’Archambault ne coordonnait pas avec le lancement du
nouveau lecteur de livres numériques de Sony, pour presque 100 $ de moins que
l’ancien modèle. Plusieurs personnes à qui j’ai parlé dernièrement me disaient
attendre un appareil abordable. À 260 $ canadiens, c’est très près du point de
pivot (barrier to entry) de bien des gens.
Bref, on a maintenant accès à des livres électroniques à un prix abordable,
en français, et avec des appareils à un prix de plus en plus alléchant. Et
poussé par des entreprises comme Québécor et Sony, on peut s’attendre à ce que
le mouvement prenne de l’ampleur et se fraie un chemin dans les foyers
québécois.


Leave a Reply