Un atelier d’écriture, c’est quoi?

mai 28, 2007

Dominic me demandait dernièrement à quoi ressemblait l’atelier d’écriture dont je vous parle depuis quelques semaines et auquel j’ai participé il y a quelques jours. Premièrement, je dois dire que je n’ai participé qu’à deux éditions de l’événement. Alors si ma crédibilité n’a pas encore atteint le fond du baril selon vous, laissez-moi vous expliquer comment participer à l’atelier d’écriture Boréal, qui n’est rapproché du congrès du même nom que parce qu’on y retrouve les mêmes gens.

Comment est-ce qu’on participe?

Premièrement on s’inscrit à la liste courriel où on apprend la date et les critères de l’atelier. (L’année prochaine, l’atelier devrait avoir lieu du 17 au 19 mai.) Le but de l’atelier est de parfaire ses compétences à bien écrire, mais surtout à repérer ce qui cloche dans un texte. Pour ce faire, chaque participant devra écrire une courte nouvelle que nous analyserons par la suite en groupe. Si on veut être vraiment in, on tente de convaincre l’animatrice afin de faire passer un texte excedant les limites imposées. Ca fonctionne généralement mieux si on en est à sa première participation à l’atelier ou si on est le premier à demander une permission spéciale.

Bon, maintenant, on écrit la nouvelle en question. Dans ce cas-ci, nous avions à produire une nouvelle complète de 10 à 15 pages. Pas d’extrait ni de chapitre d’un roman plus long, parce que c’est très difficile à évaluer à l’extérieur de son contexte, comme nous l’avons appris en 2005. On révise sa nouvelle un peu et on l’amène le plus proche possible d’un produit final qu’on soumettrait à un éditeur. (Ou, comme dans mon cas, on n’a pas le temps d’y retravailler et on se retrouve à soumettre un premier jet.)

On envoie aux autres participants sa nouvelle en format électronique. Il y a une date à respecter. On reçoit la plupart du temps les textes des autres en même temps, c’est-à-dire vers 23h59 le jour de la date limite. On imprime le tout, puis on passe les jours suivants à lire les textes des autres et à les barbouiller de rouge. On peut faire des commentaires sur tout ce qui cloche dans le texte ou encore faire des ratures de manière tout à fait aléatoire, tant qu’on utilise un stylo rouge.

Vient alors le jour fatidique, celui où on se rencontre tous pour notre scéance sado-maso préférée. Lors de l’activité, on s’assoit pendant que les autres démolissent son texte. On encaisse, on grince des dents, et on se ferme la gueule. Lorsque tout les participants ont passé, l’animatrice enfonce le dernier clou du cercueil. On n’a droit de parole qu’après que tout le monde ait parlé. On peut alors débaler son lot d’excuses, se justifier ou fondre en larmes. C’est à votre choix. Lorsque vient son tour de commenter le texte des autres, on laisse aller toute la bile qu’on a accumulé pendant que son oeuvre se faisait démolir.

Il est préférable de contacter son psy quelques jours avant l’atelier afin de s’assurer de sa disponibilité pendant la semaine qui suivra. On demandera aussi à son entourage de nous remonter le moral et de nous répéter qu’on est bon, qu’on ne doit pas abandonner l’écriture et qu’il nous reste des raisons de vivre. Si on ne peut combattre la dépression, il faut consulter un médecin et gobber toutes les petites pilules qu’il nous donnera, même les roses.

Lorsque la posologie des anti-dépresseurs sera stabilisée, on sera finalement prêt à retravailler son texte avec les commentaires dûrement obtenus. On s’enchaîne donc à l’ordinateur et on bûche, s’attaquant à tout ce qui cloche dans son texte. Lorsque le tout sera à son goût, on se doit de soumettre son texte à quelque part. Après tout, on a travaillé si fort sur ce texte, il serait illogique d’arrêter avant d’être rendu au bout.

Réflexions

Certains aiment les ateliers d’écriture, d’autres questionnent leur véritable utilité. Qu’est-ce que dix apprenti-auteurs ont à s’apporter mutuellement? Quand-même beaucoup, si vous voulez mon avis. (Et vous le voulez probablement puisque vous n’avez pas encore arrêté de lire!) D’accord, chacun de nous n’est pas un expert et nous avons encore des croutes à manger, mais si chacun maîtrise un aspect un peu mieux que les autres, on peut arriver à de bons résultats. Un d’entre nous peut s’y connaître d’avantage avec les points de vue et faire bénificier de son savoir les autres participants, alors qu’un autre est plus à l’aise avec les dialogues, les scènes d’action ou les niveaux de langue. Lors de l’étude de la plupart des textes, notre groupe avait ressorti la grande majorité des éléments à retravaillé lorsque venait le temps à l’animatrice de récapituler. C’est à mon avis un indice qui prouve que ce petit groupe se débrouille bien et peut être bénéfique.

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No Responses to “Un atelier d’écriture, c’est quoi?”

  1. Merci pour cet aperçu, j’attendais ton billet à ce sujet depuis que tu l’avais annoncé :)

  2. Merci beaucoup! Je crois que je vais m’inscrire pour le prochain. Ça ressemble drôlement aux ateliers que nous avions à l’Université Laval, en Création littéraire. Dans la plupart des cours, nous écrivions des nouvelles pour les commenter en petits groupes. J’imagine que l’atelier est encore plus difficile que cela.

  3. Ha ! Ha ! Très bon résumé ! Juste assez décourageant. ;-) J’ai vraiment découvert ce côté maso en moi que je ne me connaissais pas avant de participer aux ateleirs. ;-p
    Bon, allez, au boulot ! Y’a des textes à réécrire !

  4. Allo Dominic,

    En effet, j’imagine que c’est un aspect des ateliers d’écriture qui doit revenir. Ce que j’ai bien aimé, lors du dernier, c’est les exercices qu’Élisabeth nous a demandé de faire.

    Pour ce qui est de la « difficulté » de l’atelier, je ne le trouve pas vraiment difficile. C’est beaucoup de travail (écrire et commenter les textes) mais ce n’est pas nécessairement difficile. C’est juste long surtout si on ne lit/écrit pas très rapidement. Personnellement je lis très lentement.

    Alors on se voit l’année prochaine à l’atelier (mais on se croisera probablement avant ça, par contre!)

  5. Je me dis toujours que je préfère recevoir des critiques d’amis et de pairs que de les recevoir d’un éditeur. Lorsqu’ils arrivent de la part d’amis, il est encore temps de faire des corrections à son texte.

    Ouais… Moi aussi j’ai un texte à réécrire. Deux à vrai dire, en plus de mon projet de roman qui a maintenant officiellement passé le cap du 50%.

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