Réflexions sur le Web 2.0

Louis me demandait il y a quelque temps: « C’est quoi exactement Web 2.0, au juste? » Vous vous posez peut-être la même question, ou peut-être avez-vous rencontré ce terme sans vraiment y avoir porté attention avant aujourd’hui.
Je me suis posé la question et j’ai essayé d’y répondre. Bien sûr, je pourrais vous envoyer faire un peu de lecture, mais je tenterai d’y répondre dans mes propres mots, selon ma compréhension de ce concept.
Tout d’abord, il faut admettre que la notion du Web 2.0 est très vague. En gros, ça représente une révolution sur la toile, un mouvement de renouveau à grande échelle prônant une plus grande interactivité entre les utilisateurs et un aspect social. Je dis à grande échelle parce qu’il n’y a pratiquement rien de nouveau dans le Web 2.0, technologiquement parlant. Des sites web interactifs, il y en a toujours eu (eh bien, depuis que le web existe, je veux dire.) Le Web 2.0, c’est la prolifération de ces sites interactifs.
Parenthèse: Par site interactif, j’entends un site où l’utilisateur fait plus que consulter et chercher de l’information. Je parle de babillards électroniques (ou forums de discussion,) blogues, sites de nouvelles interactifs (comme Scoopéo ou Digg,) etc.
Si toutes les technologies étaient présentes depuis le début, si tous les blocs étaient en place, il est logique de se demander pourquoi est-ce que nous n’avions pas un tel niveau d’interactivité dès la première mouture du web? En d’autres mots: qu’est-ce qui a généré cette vague de sites interactifs qui caractérise le Web 2.0?
Il faut tout d’abord comprendre que le Web 2.0 a surtout émergé avec le logiciel libre, qui fourni bien souvent le tremplin technologique. Rien ne s’est fait du jour au lendemain et si certains voient une coupure avec le Web 2.0, c’est que le mouvement a pris de l’ampleur rapidement, de manière exponentielle. Sans avoir les bons outils à portée de la mains — des outils comme, à titre d’exemple, Apache, MySQL, PHP — le Web 2.0 ne pouvait émerger à grande échelle. Mais, me direz-vous, ces outils existaient tous depuis des années. Les bases de données étaient là bien avant le web. Vous avez raison. Après tout, j’enseignais à mes élèves comment programmer des sites interactifs en 1999.
Non seulement les outils devaient-ils exister, ils devaient aussi être accessibles à la classe moyenne des utilisateurs. Il y a dix ans, M. Tout-le-monde n’avait ni les connaissances, ni le temps, ni l’argent pour mettre en branle un serveur web, une base de données, etc. En 2004 (l’année charnière où les gens ont commencé à parler du Web 2.0) M. Tout-le-monde n’a toujours pas les connaissances nécessaires pour se faire, mais n’en a plus besoin: les fournisseurs de services lui offrent tout ce dont il a besoin de manière simplifiée, pour une fraction du prix qu’il aurait dû payer quelques années plus tôt (et souvent même gratuitement.)
Plus les outils devenaient accessibles, plus il y avait d’utilisateurs. Le nombre grandissant d’utilisateurs favorisait le développement de meilleurs outils (surtout dans le domaine du logiciel libre) qui devenaient à leur tour plus accessibles. Un effet boule de neige s’est enclenché, prenant assez rapidement d’ampleur pour que plusieurs y voient une coupure: le Web 2.0.
Un peu plus que ça
Dans le jargon Internet, la notion de Web 2.0 fait souvent référence à un peu plus que ça. Je vous disais plus tôt qu’il n’y avait rien de nouveau, technologiquement parlant, dans le Web 2.0. Ce n’est pas tout à fait vrai. Certains aspects du Web 2.0 prennent racine dans plusieurs technologies qui ont hébergées vers l’an 2000 (RSS, AJAX, etc.) Il aurait été très difficile, voire même impossible, de construire un site offrant toutes les fonctions de Flickr en 1999.
Le Web 2.0, c’est aussi une question de design et de mise en marchée (branding, si vous préférez.) Interfaces épurées, utilisation abusive des minuscules, boutons lustrés: voilà quelques éléments que l’on retrouve sur bien des sites du Web 2.0. À ce niveau, il s’agit plus d’une mode étant donné que tout cela était réalisable avant 2004.
Le terme Web 2.0 est donc à la fois relié à la technologie (parce que si elle n’est pas accessible, ça n’existe pas) mais en même temps il n’y a rien de fondamentallement nouveau. Si vous êtes à la recherche de sites particulièrement représentatifs du Web 2.0, je vous suggère les suivants: Flickr, Digg (ou Scoopéo, un clone français,) Blogger, Netvibes ou del.icio.us. Le blogue étant l’incarnation ultime du Web 2.0, n’importe quel blogue sera un représentant de cette nouvelle vague de sites web. Vous avez d’autres suggestions?




Excellent commentaire Alexandre. Pour une liste de site 2.0, voire: http://www.flickr.com/photos/stabilo-boss/93136022/
Le marche des sites Web 2.0 est devenue tres a la mode chez les investisseurs americains; surtout en Californie.
Wow. Pas mal cool ce mash-up de logo du Web 2.0. Merci pour le lien.
D’ailleurs, un site qui pourrait vous intéresser… http://www.meshconference.com/
Merci pour le lien. Dommage que ce soit déjà sold-out.