Assiduité

J’écris tous les jours depuis Noël. Je ne me suis pas fixé de minimum, mais j’insiste pour travailler à mes divers projets d’écriture à tous les jours, sans exception. Même si je n’écris qu’un maigre 250 mots, c’est la constance qui compte. Je me fous de la qualité, tant que l’histoire avance. À cause de ça, mes idées sont toujours fraîches dans ma tête. Si une scène ne m’inspire pas, je la bâcle. J’y reviendrai et je la réécrirai pendant la révision. Qui sait, à tête reposée, peut-être que j’y découvrirai un petit bijou (ça m’est arrivé à plus d’une fois.) Si le petit compteur à votre gauche n’avance peut-être pas régulièrement, c’est que je ne fais le décompte final qu’une fois que je m’assois devant l’ordinateur pour transcrire ce que j’ai écris dans mon calepin. Mais dans l’ombre, ça avance à tous les jours et c’est très encourageant.



Je dois avouer que n’importe qui, avec un fouet et un regard sadique dans le visage, n’aurait pas de difficulté à me motiver.
Coudonc Mathieu, est-ce que c’est une invitation
?
Alexandre : ouais, ben c’est le fun pour toi, pour moi j’imagine que c’est juste un petit problème de motivation.
Tu as bien raison. Le but c’est d’être régulier et d’avancer petit à petit.
M
Cette technique est super intéressante, je l’essaye en ce moment et j’aime bien les résultats.
Mais en même temps, j’ai l’impression que ça a un certain effet pervers sur moi : comme je me dis que je peux travailler 15 min et que ça vaut quand même la peine, je me retrouve toujours à commencer à travailler mon texte juste avant que je doive faire quelque chose d’important qui ne peut être repoussé (partir à l’école, au travail), parfois même avec mon manteau sur le dos pour optimiser le peu de temps que j’ai. Mais l’affaire, c’est que ça me stimule vraiment, le ratio mots/minute est bien plus élevé que quand je travaille pendant plusieurs heures consécutives… Alors justement, quand j’ai plusieurs heures à ma disposition, j’ai tendance à procrastiner jusqu’à ce que j’ai presque plus de temps, et là, à la hâte, dans un état de frénésie total, je tappe quelques phrases, un paragraphe ou deux, avant de partir…
Enfin, je trouverai bien une solution à ce problème
Je vais dire un fatidique « j’aurais dû » : j’aurais dû adopter cette méthode depuis longtemps, c’est efficace.
Hmm… C’est certain que notre cerveau peut utiliser plusieurs prétextes pour ne pas fonctionner tel qu’on le voudrait bien. Personnellement, je me rends compte que l’effet est plutôt contraire. Je m’assoie en me disant que je n’ai qu’à écrire une phrase ou un paragraphe, sachant que je dois me coucher tôt ou que j’ai quelque chose d’important à faire, et en bout de ligne je me retrouve à remplir trois pages de mon calepin (et à dérégler mon horloge biologique.) J’ai l’impression que si je faisais le bilan, j’écrirais tout de même plus en travaillant à tous les jours même si je devais payer ce prix et ne pas compter sur de plus longues scéances devant l’ordinateur.
J’ai trouvé: une fouetteuse habillée de cuir pourrait te motiver.
M
Je crois que pour arriver à compléter un projet de l’envergure d’un roman dans un délais raisonnable, il faut maintenir l’élan à tous prix. Ce n’est pas un projet qu’on peut réaliser en un weekend, lorsque l’alignement des astres fait en sorte que la motivation est à son comble. Il faut y travailler à tous les jours, c’est essentiel. Ça n’a pas à être très long. Avant-hier, je n’ai écris que deux phrases, mais c’est deux phrases de plus. Mon plus gros problème, avant d’utiliser cette technique, c’est que je prenais une pause d’une journée, puis une autre, et je me rendais compte après trois mois que je n’avais pas touché à mon texte. Je pourrais en théorie écrire une nouvelle et la réviser en un mois, si je mets bout à bout toutes les séances d’écriture ici et là — même avec un job à temps plein et une famille — mais ces séances d’écriture étaient si distantes que j’arrivais à peine à terminer une nouvelle par année. Au rythme actuel, j’aurai terminé le premier jet de mon projet de roman cet été.
J’ai commencé à travailler de cette manière suite à la lecture de « No Plot, No Problem » de Chris Baty qui disait à peu prêt ce que je viens d’exprimer. À peu prêt en même temps, j’écoutais une entrevue de Cory Doctorow qui doit être un des auteurs les plus occupés de la planète et qui trouve quand même le temps d’écrire. Il disait à peu prêt la même chose. Il a écrit son 2e roman de cette façon, en quelques mois, en alignant des séances d’écrire de quelques minutes, à tous les jours. À force d’accumuler des morceaux de 250 mots, il est arrivé à la fin et voilà, « Eastern Standard Tribe » était terminé (si je me fis à ma mémoire.)
Un roman, c’est une suite de mots. Si on en ajoute régulièrement, à tous les jours, c’est inévitable, on arrivera à la fin. Et je continue d’affirmer que c’est plus facile de retravailler un mauvais premier jet que d’écrire quelque chose de parfait du premier coup.
C’est certain que l’idéal, c’est que ça avance, même si le décompte des mots ne change pas. Moi, même quand je n’écris pas, je tente d’au moins penser à ce que je vais faire. Et dernièrement, quand je vais marcher ou quand je suis en voiture pour un bon moment, je m’enregistre sur mon lecteur mp3. Quand viens le temps d’écrire, je m’écoute et c’est beaucoup plus facile que de retenir toutes mes idées.
M