La faim du soldat, premier jet terminé

J’ai terminé pendant le weekend le premier jet de ma prochaine nouvelle, La Faim du soldat. Le texte est encore à l’état de brouillon et il n’est pas prêt à être lu par le comité de lecture mais ça ne devrait tarder. Prochaine étape: laisser le manuscrit reposer.
Ce qui m’amène à me demander : quoi faire maintenant? La lecture de quelques billets de John Scalzi, Evo Terra et Robert J. Sawyer vient relancer le débat entre les hémisphères gauche et droit de mon cerveau quant à l’avenir de mon Projet Madeïra. Le projet avait été mis de côté un peu après Boréal 2005 pour diverses raisons que j’expliquais ici et là.
La période pendant laquelle j’ai écris le plus est celle où je travaillais au projet Madeïra. La présence d’un lectorat, aussi fictif et illusoir soit-il, semblait me donner le coup de pied au derrière qu’il me fallait pour écrire régulièrement. Aux millions de lecteurs de mon blogue qui pataugent dans le milieu de la SF&F, j’ai une question pour vous. Est-ce que mon plan a quelques vertues : travailler à mon projet en publiant les chapitres au fur et à mesure en ligne et, une fois terminé, faire une révision et l’offrir à une maison d’édition. Si le texte est accepté, la version en ligne serait probablement retirée, selon l’entente avec la dite maison d’édition. Est-ce réaliste?
En attendant vos réponses, je vais faire un peu de ménage dans le projet. Je veux entre autre recompiler tout ce qui a été écrit en une version PDF facilement téléchargeable, ouvrir un nouveau blogue (plutôt que t’utiliser mon Wiki), relire le tout et publier en ligne le fameux épisode présenté à l’atelier d’écriture de Boréal 2005, celui-là même que je vous ai promis il y a de cela deux ou trois éternités.
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Salut, ici ton lecteur #3 011 234. J’aimerais bien avoir la réponse à ta question. Je ne sais pas comment les maisons d’édition ici voient les oeuvres déjà publiées en ligne. J’imagine que ça pourrait passer pour certaines si tu retires la version en ligne, quitte à laisser en place les premiers épisodes pour accrocher des lecteurs. Comme tu prévois de réviser le tout, ça peut inciter ceux qui ont tout lu en ligne à acheter le livre, surtout si tu fournis un peu de valeur ajoutée (illustrations, une nouvelle située dans le même univers, peu importe). Note que ça te prend un éditeur qui accepte des oeuvres publiées en ligne et qui veut bien publier de la SFF.
Cela dit, je crois que le principal intérêt d’une fiction en série est d’en faire un exercice d’écriture, sans visées de publication. Si jamais ça réussit très bien, on peut songer à en faire un livre, mais il vaut mieux que la série existe d’abord pour elle-même.
Je m’interroge encore sur l’utilité de la publication en ligne. Ça me semble d’autant plus embêtant en français puisqu’il semble manquer la masse critique d’internautes qui permettrait de faire vraiment décoller certains projets. J’ai mis plusieurs de mes histoires sur mon site personnel et il se peut que je suive ton exemple et que je leur applique la license Creative Commons (enfin disponible en français). Cependant, j’hésite à faire ça avec des textes qui pourraient encore s’avérer lucratifs (outre les recueils, il reste des revues, à l’étranger surtout, qui pourriaent accepter des textes déjà publiés ici).
Une piste de réflexion: si les blogues marchent si bien, c’est qu’ils constituent un format tout à fait adapté au Web. Pourrait-on inventer un format de fiction qui soit aussi bien adapté? Ça pourrait être une forme spécialisée de fiction en série.
Bonjour M. 3,011,234,
En effet, il y a tellement peu de maisons d’édition au Québec qui publient de la SFF, le nombre de celles qui accepteraient en plus de publier des textes ayant déjà paru en ligne doit être plutôt faible.
Plusieurs auteurs ont joué avec le concept du blogue. Des technologies comme RSS permettent de faciliter la « sérialisation » de textes plus long. Personnellement, lorsque je retournerai à mon projet, je l’écrira via un blogue. Les lecteurs peuvent s’inscrire à un fil RSS et obtenir les nouveaux épisodes au fur et à mesure qu’ils sont publiés.