A Scanner Darkly
Jeudi le 20 juillet 2006. En lisant ce billet de Jean-Louis, je me suis rendu compte que le film A Scanner Darkly que je tenais absolument à voir était maintenant sur les écrans de cinéma. Jeudi le 20 juillet 2006. Une petite recherche sur Filmcan m’apprend que seul le cinéma Bytowne projette le film en Outaouais, pour une semaine seulement et que la dernière journée où je pourrai voir le film sur grand écran est… aujourd’hui! Argh!
Je suis allé voir le film avec Martin, un collègue de travail et ami de longue date. Après avoir lu le billet de Jean-Louis ci-haut mentionné, je connaissais un peu plus le contexte dans lequel le roman de Philip K. Dick A Scanner Darkly a été écrit.
A Scanner Darkly raconte l’histoire de Bob Arctor, un policier qui souffre d’un dédoublement de personnalité dû à sa dépendance envers la fameuse substance D. Là où ça se corse, c’est que le traffiquant de drogue que Bob est chargé de surveiller n’est nul autre que l’autre facette de sa personnalité.
L’anglais n’étant pas ma langue maternelle, je dois avouer qu’une partie des dialogues m’a échapé. Je me demande entre autre à quel point est-ce que Bob est conscient de son dédoublement de personalité et du fait qu’il se surveille lui-même. Les dialogues passent régulièrement de la paranoïa aux questionnements plus philosophiques, en passant par de l’humour débridé. Je pense à la scène du vélo 18 vitesses… Hilarante!
La technique d’animation employée dans ce film est incroyablement bien réussie. Les contrastes sont élevés, accentués par des traits foncés comme dans une bande dessinée. Delta State rencontre Pulp Fiction. Le choix des palettes de couleurs rend très bien les ambiances très californiennes.
A Scanner Darkly est le genre de film qu’on veut voir plus d’une fois. L’histoire est plutôt linéaire sauf la fin où on perçoit un peu plus du plan dans lequel Bob Arctor est embarqué malgré-lui. On passe beaucoup plus de temps à montrer les délires des personnages que l’enquête de Bob.
Tags Technorati
: scanner darkly | movie| critic | science fiction | philip k dick | animation | 2006



Je n’ai pas encore vu le film en entier. Il n’est pas encore sorti en France.
Ça vaut la peine à mon avis. C’est très bien réussi, même si ça ne plaira pas nécessairement à M. Tout-le-monde.
J’ai bien aimé ce film aussi, ayant déjà fortement apprécié le roman de K. Dick d’où il est tiré.
Cependant, je me questionne si la technique d’animation, même si réussie, apporte vraiment quelque chose au film. À part pour les complets-brouillés (je ne me souviens plus du terme anglais), il y a de grands bouts où on se demande à quoi ça mène et pourquoi le film n’est pas en « normal »…
Je ne sais pas trop pourquoi ils ont pris la décision d’en faire un film d’animation plutôt qu’un film normal. C’est certain que les scramble-suite (c’est le terme utilisé en anglais) étaient peut-être plus simples à réaliser de cette manière, mais à mon avis ce n’est pas suffisant. Il y a des scènes où ils se servent de cette technique pour jouer avec la perspective, mais ce n’est pas impossible à faire à l’ordinateur dans un film normal alors ça ne justifie pas à mon avis son emploit. C’est peut-être pour ne pas que les quelques scènes très étranges (insectes-humains, extra-terrestre, etc.) jurent trop avec le reste. Ou peut-être est-ce pour mettre le spectateur dans un état second, comme s’il avait consommé des allucinogènes.
Bonjour Zongo,
Je suis bien d’accord avec toi. L’utilisation de cette technique d’animation permet de créer chez le spectateur un état d’esprit qui colle bien avec le reste du film. Ce n’est pas seulement un choix esthétique. Comme tu dis, cette technique joue un rôle dans le film.
Les gens qui se demande pourquoi cette esthétique à été choisi pour le film devrait plutôt ce poser la question du point de vue artistique et narratif. Posez vous la question suivante : un film en « live » aurait il permis au spectateur de prendre ses distances face à la représentation du réel ? Le traitement animation agit comme un filtre qui laisse en suspend un doute quand à la véracité de ce qu’on voit. Est-ce truqué ? Est-ce réel ? Le traitement animé du film c’est un peu comme si tout le monde pouvait voir la « matrice ». C’est une manière de leurrer le spectateur tout en lui faisant sentir que tout peut arriver, que rien n’est sûr… Voilà la véritable raison de l’aspect de ce film.