« J’ai inventé le XML »
Pas vraiment, mais vous allez comprendre où je veux en venir…
C’était il y a plusieurs années, au début du dot com, alors que j’étudiais à l’université. Comme tout bon geek de cette époque, je créais des pages web dans le sous-sol de mes parents avec Notepad et Photoshop 4. C’était également le temps de mes premiers emplois en programmation. À l’université, mon premier projet digne de ce nom consistait à programmer un éditeur de panneaux de contrôle industriels WYSYWIG.
Je devais entre autres choses enregistrer la disposition des éléments des panneaux de contrôle et leurs paramètres dans un fichier. Pas trop pressé de régler ce problème (j’en étais encore au stade d’analyse) j’ai rangé ce problème dans mon subconscient.
Je me suis réveillé en sursaut au milieu de la nuit avec la conviction d’avoir trouvé la solution au problème! Je pourrais utiliser un format de fichier semblable au HTML et décrire mes panneaux de contrôle dans un format qui serait compréhensible à la fois par un ordinateur et par un être humain avec l’aide d’un simple éditeur texte. Comme disent les anglais: Et voilà! Si la solution avait été retenue par mon superviseur de projet, ces fichiers auraient ressemblés à ceci:
<controlPanel>
<button x="0" y="0" width="120" height="40">Click here!</button>
</controlPanel>
Innovation, idées et brevets
Vous avez peut-être deviné où je voulais en venir avec cette histoire. Dans un contexte global, il est pratiquement impossible d’avoir une idée logigielle originale. J’ai été content d’apprendre ce matin — avec un retard de près d’une semaine me direz-vous — que le parlement européen a rejeté avec une large majorité une motion visant à instaurer des brevets sur les logiciels. (Lien)
On se rend compte que le modèle de brevets logiciel nord-américain est déficient lorsqu’on regarde comment il est appliqué dans l’industrie. Alors qu’ils sont supposés protéger les entrepreneurs et favoriser l’innovation, ils représentent bien plus souvent des obstacles insurmontable pour les entrepreneurs indépendants qui n’ont pas les moyens de se payer une équipe d’avocats pour enregistrer et surveiller leurs brevets.
Scénario 1
Une grande compagnie cause la faillite d’une petite en lui réclâmant X millions pour infractions à ses brevets. (Parfois sans même évaluer s’il y a infraction ou non, sous le seul prétexte qu’ils opèrent toutes les deux dans le même domaine.) Si l’entrepreneur est chanceux, il pourra peut-être s’entendre hors-cour avec le géant, mais ça lui coûtera vraissemblablement très cher.
Scénario 2
Deux grandes compagnies se font la guerre des chiffres: « Vous êtes en infraction sur 126 de nos brevets. » Et l’autre rétorque: « Mais vous êtes vous-même en infraction sur 96.3 des nôtres! » La bataille des chiffres se solde souvent par « Voici 1 million de dollars, laissez-nous tranquile » ou « Nous avons environ le même nombre de brevets… et si on se considéraient comme quite. » La plupart du temps, les avocats des compagnies en question ne prennent même pas la peine d’évaluer les brevets en question: ils ne s’attardent qu’aux chiffres.
En conclusion
Je suis bien content que l’Europe ait dit non aux brevets logiciels tels que nous les connaissons en Amérique du Nord. Il faudrait qu’ils soient repensés entièrement pour qu’ils amènent vraiment une plus-value à l’économie. En attendant, je crois que les Européens seront mieux sans eux.


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