Jouer à la sauterelle indienne

juin 23, 2005

Vous vous rappellez, il y a 5 ans, l’état de l’industrie des télécommunications? Trois jobs pour un programmeur, des hausses de salaire sans avoir à les demander, changer de compagnie à tous les 6 mois et doubler son salaire en moins de deux ans? Vous vous en souvenez? Personnellement, je suis arrivé sur le marché du travail à la fin de cette vague et je n’ai pas eu l’occasion de jouer à la sauterelle, mais je connais plusieurs personnes qui l’ont fait.

En 2005, avec le marché incertain que l’on connait, ce n’est plus vraiment commun pour un programmeur de changer de compagnie sans y penser à deux fois. Mais à ce que j’ai pu voir, le type de marché que nous vivions en 2000 semble toucher l’Inde de 2005. Notre équipe fait affaire avec une compagnie indiène avec laquelle nous collaborons pour le développement d’un logiciel. La semaine dernière, nous apprenions que deux de leurs designers quittaient la compagnie pour aller travailler pour une autre boîte et, apparemment, ils ne sont pas les seuls en Inde à changer d’employeur.

Avec les compagnies américaines et canadiennes qui exportent de plus en plus le développement, la maintenance et le support technique vers l’Inde à cause du coût peu élevé de la main d’oeuvre, il n’est pas étonnant que le pays se retrouve avec une pénuerie de gens compétents. Au départ, tout allait bien. Il y avait suffisamment de gens formés et les entrepreneurs indiens avaient trouvé une mine d’or. Mais voilà que la ressource se fait plus rare, que les programmeurs compétents sont plus difficiles à dénicher et ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne demandent des salaires de plus en plus comparables avec les salaires nord-américains.

À long terme, qu’est-ce que ça signifie? Si les salaires dans le domaine de l’informatique augmentent, les compagnies qui offraient leurs services à des prix dérisoires (pour le standard nord-américain du consultant typique) devront ajuster le tir, augmenter leurs prix pour pouvoir se permettre d’embaucher du personnel compétent. Et plus les prix augmenteront, moins la demande sera forte puisque la principale raison pour faire affaire avec les consultants indiens, c’est leur prix plus que compétitifs. Si vous voulez mon avis, je prédis que l’Inde vivra, d’ici cinq ans, un crash similaire à celui que l’on a connu à la suite du 9 septembre. Et qu’est-ce qui déclenchera ce crash? Mon petit doigt me dit qu’en l’espace d’une année ou deux, les compagnies qui font massivement affaire avec les consultants indiens changeront de partenaires, s’intéressant à d’autres pays. Est-ce que l’on assistera à un boom technologique en Afrique? Si j’avais à miser, c’est sur ce continent que je mettrais mes jetons.

Leave a Reply




Suivez-moi !